Utiliser une image sur internet


On a tous déjà entendu parler du droit d’auteur. Quand on écrit, ne pas s’approprier les textes de quelqu’un paraît tellement logique qu’on pense maîtriser le concept. Mais on a tendance à oublier que le droit d’auteur ne concerne pas que des écrits, des films ou des musiques : les images son également concernées. Toutes les images.

Ça paraît évident, mais les images ne sortent pas du néant. À l’origine, il a fallu quelqu’un derrière son objectif, son crayon ou son écran d’ordinateur, que ce quelqu’un passe du temps à capturer ce qui l’entoure de manière réaliste (photo) ou non (dessin, peinture) pour l’immortaliser. Le résultat est protégé par le code de la propriété intellectuelle, et appartient à son seul créateur


On a tendance à penser qu’internet est une immense foire à la gratuité où tout est un peu en libre service. Spoiler : non. Ne pas respecter la propriété intellectuelle constitue une infraction – c’est du vol. Et, oui, c’est passible de poursuites judiciaires.

Comment faire, du coup, pour illustrer vos blogs, vos articles, etc. sur internet tout en restant dans la légalité et en respectant le droit d’auteur ?

 .

Petit tour d’horizon de ce que vous pouvez faire ou non avec des images trouvées sur le net



.

J’ai trouvé mes images sur Google/Ecosia/Qwant, je peux quand même m’en servir, non ?

À une seule condition : en avoir l’autorisation écrite.

Et pour ça, il n’y a pas trente-six solutions : il faut trouver le nom de la personne dont les œuvres vous intéressent et soit la contacter directement pour lui demander la permission, soit parcourir son site à la recherche de ces informations. Par exemple, sur mon site, tout est indiqué en fonction des images : certaines peuvent être utilisées sous certaines conditions, d’autres non.

C’est la même chose sur Deviantart, une énorme communauté artistique basée sur le partage, mais là encore, ce n’est pas un libre-service. Lisez les descriptions des images ou jetez un oeil dans le coin consacré aux autorisations d’utilisation, vous trouverez toujours des restrictions qui vous interdisent de vous en servir n’importe comment, comme si c’était un supermarché. La plupart du temps, les travaux sont sous Creative Commons, dont je parle plus bas, qui vous permettent de les utiliser sous certaines conditions.

Google and co sont parfaits pour trouver des artistes, en revanche, et c’est là que beaucoup se trompent, ils ne constituent que la première étape de votre recherche. Car c’est bien ce qu’ils sont : des moteurs de recherche. Pas des banques d’images. Ça signifie qu’ils indexent touuutes les images selon les mots-clés que vous avez utilisés, mais ils ne servent que d’intermédiaire et ne vous permettront pas de savoir si vous avez le droit d’utiliser ce qu’ils vous montrent.

Pour ça, il faudra se rendre directement sur le site source, et voir de quoi il retourne.

Parmi tout ceux qu’on peut trouver, vous pouvez bannir Tumblr, Pinterest, WeHeartIt et la plupart des sites de partage de wallpapers. Les gens qui ont posté les images que vous y trouvez ne sont, bien souvent, pas détenteurs des droits et n’ont pas pris la peine de demander leur permission aux créateurs, voire ne les citent même pas. Non, ce qu’il vous faut, c’est un site où l’artiste aura posté lui-même ses œuvres : son propre site internet, son compte Deviantart, Behance ou Instagram, etc. Très facile à identifier quand on fait l’effort de réfléchir un peu.

Une fois que vous avez trouvé le bon site, aka celui du créateur, vous serez en mesure de vous informer sur les conditions d’utilisation des images, de demander sa permission. Mais, même avec celle-ci, certaines utilisations vous seront interdites.



Et les images libres de droit, alors, ça n’existe pas ?

Bonne nouvelle : ça existe ! Les images libres de droit (à ne pas confondre avec les images “gratuites” dont je vais parler juste après) sont en fait des images dont vous obtenez les droits après avoir payé une licence d’utilisation au site sur lequel vous l’avez trouvée. Ces sites sont appelés des banques d’images et sont très nombreux. Parmi les plus connus on trouve Gettyimage, Depositphoto ou encore Shutterstock. Une fois achetée, la licence vous permet d’utiliser l’image comme bon vous semble, de la modifier ou même d’en faire une utilisation commerciale, sans citer de source et à vie !

Quoiii mais il faut payer pour pouvoir utiliser une image ?

Pas forcément.

Il existe une alternative très intéressante pour nous, blogueurs : la licence Creative Commons. Le nom vous dit quelque chose ? Normal. Les Creative Commons sont très répandues chez les artistes, mais là encore, vous ne pouvez pas faire n’importe quoi. Déjà, les CC vous imposent d’obligatoirement créditer le créateur, c’est-à-dire de mettre un lien bien visible vers son site, peu importent les endroits où vous utilisez son image. L’auteur ne gagne pas d’argent dessus, mais son travail est respecté. Avouez, ce n’est pas grand chose.

ATTENTION ! Il existe jusqu’à six licences CC différentes.  Toutes autorisent l’utilisation personnelle des images mais, suivant ce qui est indiqué, vous pourrez ou non les utiliser de manière commerciale, vous pourrez ou non les modifier. Les images qu’on peut modifier sont appelées des stocks. Mais faites bien attention à ce qui est indiqué, veillez à ne pas modifier une image pour laquelle c’est interdit, et par “modification”, on entend “le moindre ajout”. Donc même le nom de votre blog. Eh oui. Où trouver des stocks ? Principalement sur DeviantArt, à des endroits bien précis comme ici, ou encore  et . Certains sites indépendants ont vu le jour récemment, comme Pixabay, NegativeSpace et Stocksnap et fonctionnent sur le même principe.

Et donc, les images gratuites ? Cette appellation concerne uniquement les images tombées dans le domaine public : pour ça, il faut attendre 70 ans après la mort de leur créateur. À l’heure actuelle, les images dites gratuites concernent majoritairement des tableaux classiques. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les maisons d’édition en mettent volontiers sur les couvertures de leurs romans : pas de contrat, pas de frais, nickel. Toutefois, les descendants des créateurs peuvent intervenir dans le cas où l’utilisation d’une image ne correspond pas à leurs valeurs. Par exemple, si elle est utilisée à des fins de propagande par un parti fasciste. Au pif.



Et on peut modifier ces images, les utiliser dans des montages ?

► Ça dépend. Pour celles sous Creative Commons qui autorisent les modifications (les stocks) aucun souci ! Du moment qu’on crédite les différents artistes. Les images libres de droits que vous avez achetées également. Sinon ? Oubliez ! Même pour une utilisation non commerciale, pour votre blog ou quoi. Ja-mais.

► Mais… et les blogs/pages qui proposent de faire des montages/des couvertures Wattpad/etc, alors ? Comment ils vont faire ? Eh ben, ils utilisent des stocks. C’est sûr, ça demande un peu plus de temps pour arriver à un résultat convenable qu’en utilisant une image toute faite trouvée chez quelqu’un d’autre, mais c’est comme ça. La douce ironie là-dedans, c’est de voir des gens se servir n’importe où sans jamais citer leurs sources, exiger un lien en retour et hurler au plagiat si on utilise les mêmes images qu’eux. Pourtant, les plagiaires, ce sont eux.

J’ai trouvé une image où la licence n’est pas indiquée/dont l’utilisation est interdite, mais elle me plaît tellement !!!

Dommage pour vous, mais vous ne pouvez pas vous en servir sans obtenir l’autorisation écrite de l’artiste. Comme fond d’écran sur votre ordi, à la limite. Mais sinon ? Oubliez. Question de respect. Vous iriez prendre un objet appartenant à quelqu’un d’autre sous prétexte qu’il vous plaît ? Beh non. Pareil ici.



Puisque je ne peux pas utiliser le dessin qui me plaît, je vais le recopier !

Ahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahahah.



En conclusion :

Toutes les images ne peuvent pas être utilisées librement, il faut soit payer pour en faire ce qu’on veut, soit créditer les créateurs des images et respecter leurs conditions d’utilisation et OUI, c’est CHIANT, mais c’est comme ça. Sinon, vous pouvez être poursuivis pour contrefaçon et utilisation frauduleuse. Cependant, l’amende ne doit pas être la seule raison de respecter les droits d’auteur des images.

Il s’agit ni plus ni moins d’une question de respect.

0 vue